Marchés et stratégies

Marchés financiers : Décryptage et convictions de CPRAM - Mars 2025

Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée et Juliette Cohen, stratégiste, décryptent les marchés et Julien Levy-Kern, gérant de portefeuille diversifié, nous partage ses convictions sur les thématiques à suivre.

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Publié le 07 mars 2025

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Le chiffre du mois : 98,3

C’est le niveau de l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board en février. Il baisse fortement sur le mois et se retrouve proche des plus bas niveaux de ces 4 dernières années.

Les ménages américains sont plus inquiets de la tenue du marché du travail et des politiques menées par la nouvelle administration américaine notamment de sa politique commerciale.  

Décryptage des marchés

Les marchés ont été caractérisés en février par un regain d’incertitudes, notamment aux États-Unis. Les interrogations croissantes autour de l’impact de la politique de l'administration Trump ont pesé sur la confiance des entreprises et des consommateurs, ravivant les craintes sur la croissance.

Les indicateurs avancés ont confirmé ce ralentissement, avec une contraction de l’activité dans les services et un repli des intentions d’investissement des petites entreprises. Dans ce contexte, les marchés actions ont fléchi, le MSCI World enregistrant une performance négative de -0,7% sur le mois.

La surperformance de l’Europe par rapport aux États-Unis en 2025 s’est accentuée en février, les principaux indices américains enregistrant des baisses. Le MSCI Europe a progressé de +3,5%, porté par des anticipations croissantes d’un cessez-le-feu en Ukraine et par la bonne dynamique des valeurs financières et de défense.

En Asie, la hausse de 12% des actions chinoises a soutenu les marchés émergents. À l’inverse, le marché japonais a reculé, pénalisé par l’appréciation du yen (+2,7% contre euro).  Aux États-Unis, les inquiétudes autour des résultats des géants technologiques ont pesé sur le S&P 500.

Face à ces tensions, les obligations souveraines ont de nouveau rempli leur rôle de valeur refuge. Malgré des pressions inflationnistes alimentées par le risque de nouvelles barrières tarifaires et des données d’inflation plus élevées qu’anticipé, la détérioration du sentiment économique a dominé, entraînant une baisse des rendements obligataires. L’ensemble des segments obligataires a affiché des performances positives en février, dans le sillage du repli des taux américains. 

Les faits marquants du mois

La grande rotation qui a propulsé les actions européennes et chinoises en tête devant celles des Etats-Unis s’est prolongée pour le deuxième mois consécutif. Les raisons qui expliquent ce revirement de tendance sont nombreuses et pourraient se prolonger au cours de l’année sauf en cas d’extension de la guerre commerciale.

Notons en premier lieu que les révisions de bénéfices s’améliorent en Europe et en Chine mais ont baissé aux Etats-Unis qui sont à la traine pour la première fois depuis 2022. Par ailleurs, les actions américaines se négocient toujours  une prime de valorisation à son plus haut niveau depuis 20 ans. L’Europe est à son prix alors que la Chine reste en dessous de sa valeur historique moyenne.

Sur le plan économique, nous pourrions également assister à un rééquilibrage de la croissance :  les indicateurs avancés en zone euro montrent une amélioration de la situation à venir. Par ailleurs, l’instabilité politique se dissipe dans les deux grands pays de la zone. Les résultats des élections législatives allemandes ouvrent la voie à une politique pro-croissance, un potentiel changement de donne pour la région. Un méga plan de relance est sur la table et le sacro-saint frein à l’endettement pourrait être levé ce qui relèveraient les perspectives de croissance pour l’Allemagne. 

Nos convictions thématiques

Les risques sur la politique commerciale et budgétaire de l’administration américaine se sont accrus. Certains indicateurs d’activité américains fléchissent et dans le même temps, les chiffres d’inflation ont été plutôt forts, ce qui limite la réponse de la Fed.

S’en suit une performance des secteurs cycliques américains en retrait par rapport aux secteurs défensifs. Sur le mois, le MSCI World est en légère baisse, le MSCI Value gagne 1.4% et le MSCI Growth en perd 3%. Cette rotation devrait continuer à aider la zone euro qui superforme les US de 10% depuis le début de l’année. Si l’écart de valorisation entre les 2 zones s’est bien resserré, un cessez-le-feu entre la Russie et l'Ukraine pourrait être un atout supplémentaire pour l’Europe, et surtout pour les secteurs de la Chimie, de la Construction et de la Défense. Parmi la Value, avec un P/B de 0.8, les Banques restent intéressantes, en particulier aux US où la dérégulation pourrait être un support important. Au sein de la Croissance, sur la thématique de l’IA, la nouvelle récente de DeepSeek est susceptible d'accentuer l’adoption de l'IA, mais remet drastiquement en question les valorisations élevées et les CAPEX importantes des entreprises américaines. La prédominance des 7 Magnifiques, en baisse de 9% sur février, pourrait continuer à être remise en question et le marché s’est mis à trouver les Tech’ chinoises attractives .

Dans ce contexte, les thématiques liées aux changements démographiques sont les seules en performance positive. En particulier, le Défi Alimentaire à +4%, exposé aux valeurs défensives, et le Vieillissement de la population à +1.5%, exposé aux financières. Quant aux thématiques liées à l’innovation, elles subissent la remise en question des valorisations au sein de l’IA en baisse de 3.4%.

Nos points clés

Nous retenons de ce mois de février, le climat d’incertitudes généré par la succession d’annonces de hausses des droits de douane américains. Ce contexte risk-off a été défavorable aux actions américaines et positif pour les actifs obligataires. En revanche, les actions européennes et chinoises ont bénéficié de perspectives de croissance plus favorables et de valorisations moins tendues. 

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