Date d'effet: 31/08/2026
Revue de marché
Le mois d’août a été marqué par une nouvelle remontée des rendements obligataires, sous l’effet de données économiques résilientes, de pressions inflationnistes persistantes et d’un ton de plus en plus restrictif des banques centrales, pesant ainsi sur les marchés obligataires souverains. Le mouvement a également été alimenté par les inquiétudes budgétaires ainsi que par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont maintenu les prix de l’énergie à des niveaux élevés et accentué les craintes inflationnistes. Les marchés actions ont affiché une performance positive sur le mois, mais la performance globale masquait une forte volatilité intra-mensuelle et d’importantes rotations sectorielles, liées à l’opposition entre l’optimisme entourant les résultats liés à l’IA et un environnement de taux plus restrictif. Les marchés du crédit sont restés relativement stables, le dollar américain s’est légèrement affaibli dans l’ensemble, tandis que les matières premières ont constitué la classe d’actifs la plus performante, portées par l’or, dans un contexte de recherche de couvertures contre l’inflation et les risques géopolitiques. En détail, les marchés actions ont enregistré un mois positif, avec une hausse de +2,6 % de l’indice MSCI World (Net TR). Aux États-Unis, les actions ont été soutenues par les semi-conducteurs et le secteur de l’énergie, et le S&P 500 (TR) a progressé de +2,7 %, en retrait par rapport au Nasdaq, plus exposé aux valeurs technologiques, qui a gagné +3,9 %. L’Europe a suivi un schéma en deux temps similaire à celui observé aux États-Unis, avec une progression jusqu’à la mi-août, suivie d’un repli à mesure que les rendements obligataires augmentaient et que les risques géopolitiques réapparaissaient. L’Euro Stoxx 50 (NR) a progressé de +1,0 %, porté par le DAX, en hausse de +2,5 %, tandis que le CAC 40 a reculé de -2,1 %, pénalisé par une prime de risque politique et des données économiques plus faibles. Le Japon a affiché la meilleure performance parmi les marchés développés, avec une hausse de +3,8 % de l’indice Topix (TR), soutenu par la faiblesse du yen. Les marchés émergents ont également enregistré une solide performance, même si les gains se sont concentrés en Corée, à Taïwan et sur certaines devises portées par le carry trade, tandis que les économies importatrices de pétrole et les marchés exposés au risque politique ont sous-performé ; au total, l’indice MSCI Emerging Markets a progressé de +3,4 %. Les marchés obligataires souverains ont subi des dégagements sur l’ensemble des zones développées, les obligations européennes et japonaises ayant enregistré les mouvements les plus marqués. Cette correction a été alimentée par les inquiétudes liées à l’inflation, au ton plus restrictif des banques centrales, aux craintes sur l’offre de dette publique et aux risques géopolitiques, même si les mouvements ont différé selon les régions. La courbe américaine s’est aplatie en première partie de mois avant de partiellement rebondir, les rendements européens ont nettement progressé sur l’ensemble de la courbe et le rendement du JGB à 10 ans a atteint un plus haut de trois décennies. En termes de performance, l’indice ICE BofA Euro Government Bond Index a reculé de -0,6 %, principalement sous l’effet du ton restrictif de la BCE, le rendement du Bund allemand à 10 ans progressant de 12 pb pour terminer le mois à 3,32 %. L’indice ICE BofA US Treasury Index a toutefois progressé de +0,3 % malgré la hausse des rendements, le revenu des coupons compensant les pertes en capital. Le rendement du Treasury à 2 ans a augmenté de 5 pb pour atteindre 4,34 %, tandis que le rendement à 10 ans a progressé d’environ 2 pb à 4,75 % ; le rendement à 30 ans a, lui, reculé de 3 pb à 5,24 %. Le rendement du JGB à 10 ans a augmenté de 17 pb pour atteindre 2,96 %, en anticipation d’une hausse de taux de la BoJ avant la réunion de politique monétaire de septembre, le gouverneur Himino laissant entendre qu’une hausse restait possible. La dette souveraine émergente a également affiché une performance positive, avec une hausse de +1,0 % de l’indice JPM EMBI+ Composite. Du côté du crédit, les marchés sont restés relativement résilients malgré la correction des taux. L’indice iTraxx Europe Main s’est resserré de 54 pb à 51 pb, tandis que l’iTraxx Europe Crossover est passé de 261 pb à 248 pb. L’indice ICE BofA Euro Corp. a reculé de -0,2 %, sous-performant l’ICE BofA US Corp., en hausse de +0,4 % sur le mois. Sur le segment high yield, l’indice Bank of America US High Yield a progressé de +1,0 %, surperformant son équivalent européen, l’indice Bank of America Euro High Yield, en hausse de +0,3 %. Sur le marché des changes, le dollar américain s’est affaibli dans l’ensemble, avec un recul de -0,5 % de l’indice US Dollar Index. L’exception a été le yen japonais, qui a poursuivi son repli face au dollar (USD/JPY +1,5 %), reflétant la persistance des dynamiques de carry. L’euro a connu un mois contrasté, s’appréciant face aux devises du G4, tout en restant plus faible face aux devises liées aux matières premières. Les devises émergentes ont été globalement mixtes, mais l’indice JPM Emerging Markets Currency Index a progressé de +0,2 %. Enfin, les matières premières ont été la classe d’actifs la plus performante en août, l’or se distinguant particulièrement avec une hausse de +9,7 %, les investisseurs recherchant des couvertures contre l’inflation dans un contexte de hausse des rendements et d’incertitude géopolitique. Cette dynamique a porté l’indice Bloomberg Precious Metals TR à +10,4 %, tandis que la performance de l’indice Bloomberg Industrial Metals TR est restée plus modérée (+2,3 %). Les prix de l’énergie ont été soutenus par les tensions au Moyen-Orient, même si la hausse du brut est restée contenue : le Brent a progressé de +0,4 % et le WTI de +1,3 %. Les matières premières agricoles ont également constitué un autre point fort du mois, avec une hausse de +12,8 % de l’indice Bloomberg Agriculture TR, soutenue par des perturbations de l’offre liées aux conflits et par des conditions météorologiques extrêmes.
Performance et Positionnement du fonds
Le fonds a enregistré une performance légèrement positive au mois d’août, dans un contexte de remontée des taux souverains, portée par des données économiques toujours résilientes, des pressions inflationnistes persistantes et un discours de banques centrales restant restrictif. Les marchés actions ont néanmoins progressé, mais dans un environnement volatil et contrasté, marqué par d’importantes rotations sectorielles et géographiques. Dans ce cadre, la poche actions a soutenu la performance, tandis que la poche obligataire a pesé, malgré la résilience relative du crédit. Le positionnement global du fonds est resté stable au cours du mois, avec un biais modérément positif sur les actions américaines et européennes, soutenu par une dynamique de résultats toujours solide. Nous avons par ailleurs réduit notre surexposition à la duration afin de mieux protéger le portefeuille face à la remontée des taux. Sur les actions, nous avons poursuivi une rotation sélective du portefeuille afin d’améliorer la diversification géographique et la visibilité des résultats. Nous avons réduit notre exposition au luxe dans un contexte de consommation plus incertain, notamment en Chine, tout en conservant une exposition sélective à des opportunités de rebond. Au sein de la santé, nous avons arbitré de la medtech vers la pharmacie, plus attractive au regard des valorisations et de la visibilité fondamentale. Nous avons également renforcé l’immobilier, tout en prenant des profits sur plusieurs valeurs de forte dynamique dans la technologie, les plateformes digitales et l’industrie. Le portefeuille demeure surpondéré en technologies de l’information, services de communication, industrie et financières, et sous-pondéré en énergie, biens de consommation de base et matériaux. Sur le crédit, nous sommes restés sélectifs sur le marché primaire, en évitant les émissions peu attractives, afin de conserver de la liquidité pour profiter des nouvelles opportunités attendues en septembre. Sur les devises, nous sommes restés globalement neutres au départ, tout en initiant une position longue sur la couronne suédoise.
Perspectives
En ce qui concerne les mois à venir, notre position reste légèrement favorable au risque, mais de manière sélective. L’économie mondiale demeure résiliente et les anticipations d’inflation restent contenues, tandis que les anticipations de hausses de taux se sont orientées à la baisse. Toutefois, la pression sur les prix de l’énergie incite les banques centrales à la prudence, et le maintien de taux élevés plus longtemps continue de rendre l’environnement de marché difficile. Un point d’attention important reste la dynamique du marché des emprunts des états, ainsi que les niveaux de levier et de liquidité. Nous restons prudents sur la partie longue de la courbe américaine, tout en étant légèrement plus constructifs sur la duration européenne et sur les obligations d’entreprise de bonne qualité de crédit européennes. Sur les actions, nous continuons de privilégier une approche plus diversifiée, en réduisant l’exposition aux segments les plus consensuels, l’Europe restant un vecteur de diversification important. Dans l’ensemble, l’incertitude liée aux politiques économiques et les conditions de liquidité devraient maintenir la volatilité à un niveau élevé, ce qui renforce l’importance de la diversification.