Date d'effet: 31/08/2026Stratégie d’engagement
Avec un réchauffement planétaire de +1,4 °C en 2025 et une trajectoire mondiale autour de +2 °C en 2030, nous sommes loin de respecter l’objectif de +1,5 °C fixé par l’Accord de Paris. En plus d’être en retard dans la transition, nous ne sommes pas prêts à faire face aux impacts croissants du changement climatique, qui pèsent de plus en plus sur les écosystèmes, les infrastructures et les activités économiques. Il devient donc urgent d’accélérer les efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, ainsi que de renforcer la résilience des acteurs économiques. Un point crucial souligné par le Haut Conseil pour le climat (HCC) dans son 8e rapport annuel sur les risques climatiques.
En 2025, le coût économique des événements météorologiques et climatiques a été estimé à 277 Mds€, dont plus de 100Mds€ (45 %) ont été couverts par les assurances. Face à ces enjeux, les risques climatiques doivent être intégrés dans les décisions d’investissement, les politiques climatiques et les stratégies des entreprises.
Le nombre de résolutions « Say on Climate » est resté globalement stable entre 2023 et 2025, nettement en deçà des niveaux observés en 2022, avant de reculer au premier semestre 2026 (15 contre 22 en 2025), tout en bénéficiant du soutien continu d’Amundi et des actionnaires. Au premier semestre 2026, les propositions d’actionnaires (« Say on Climate ») provenaient principalement de France (7) et du Royaume-Uni (3). Toutes les propositions ont été adoptées avec un soutien massif (94 % en moyenne). Comme l’an dernier, Icade demeure la seule entreprise à présenter un « Say on Biodiversity » (vote sur la biodiversité), parallèlement à une proposition d’actionnaire.
Contexte de marché
Les marchés français ont légèrement baissé en août, avec un recul de 2,1 % du CAC 40, affecté par les risques politiques, tandis que le Stoxx 600 progressait légèrement de +0,29 %, portant sa performance annuelle à +9,9 %.
Le mois a été marqué par une succession de signaux contradictoires au Moyen-Orient : les discussions initiales entre l’Iran et Oman autour d’un corridor maritime ont d’abord ravivé l’espoir d’une reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, avant que l’absence d’accord et l’expiration du mémorandum provisoire signé en juin ne mettent fin au dernier cadre formel de désescalade. Washington a parallèlement lancé son « D-Day économique », Donald Trump annonçant « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise » contre l’Iran et menaçant les pays entretenant des relations commerciales avec Téhéran. Le détroit est ainsi resté largement fermé, tandis que les attaques contre la navigation dans le Golfe et en mer Rouge, ainsi que les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, ont entretenu les inquiétudes sur l’offre énergétique.
Les discussions techniques de fin de mois entre l’Iran et Oman autour d’un corridor temporaire et d’un projet de déminage ont toutefois limité la hausse du brut. À Jackson Hole, Kevin Warsh a réitéré sa volonté de ramener l’inflation à 2 %, maintenant le risque d’une hausse de taux en septembre. Les tensions se sont surtout concentrées sur les maturités longues.
En Europe, les marchés ont renforcé leurs anticipations d’une hausse de taux de la Banque centrale européenne, tandis que les inquiétudes concernant la trajectoire budgétaire et politique française ont porté le taux français à 10 ans au-dessus de 4,13 %, son plus haut niveau depuis 2008, avec un spread contre le Bund proche de 87,5 pb.
Performance du portefeuille
Dans ce contexte, le portefeuille a surperformé son indice de référence, le CAC All Tradable. Le rebond de valeurs considérées comme négativement impactées par le développement de l’intelligence artificielle, telles que Dassault Systèmes ou Publicis, a largement contribué à cette performance.
Sur le plan sectoriel, le secteur Media a bien performé grâce au rebond de Publicis, suivi de la Technologie, pour une fois tirée par le redressement des services et logiciels, tandis que les semi-conducteurs restaient à la traîne.
À l’autre extrémité du classement, le secteur immobilier reculait de plus de 4 %, juste devant le secteur agroalimentaire et boissons. L’absence d’exposition à Vinci et notre sous-pondération en Engie ont également profité au portefeuille, matérialisant les risques et les craintes liés à l’exposition « France » au niveau européen. À l’inverse, la non-exposition à des valeurs énergétiques ou de matériaux de base comme TotalEnergies ou ArcelorMittal, ainsi que les prises de bénéfices sur les valeurs financières, ont pesé sur la performance.
Mouvements du portefeuille
Au cours du mois, nous avons réduit notre exposition à Publicis et à Schneider afin de prendre des bénéfices après leurs bonnes performances.
Par ailleurs, nous avons construit une position sur Nexans, qui affiche une bonne croissance et une amélioration de ses marges, portée par le dynamisme du thème de la transition énergétique, mais aussi par la multiplication des datacenters.
Nous avons également renforcé nos positions sur Danone et Sanofi afin d’accroître notre exposition aux valeurs dites « défensives ».
Perspectives
L’issue du conflit au Moyen-Orient restera déterminante. Chaque semaine supplémentaire d’enlisement apporte son lot de tensions, de moins en moins bien supportées par le marché. Le blocage du détroit prolonge la hausse des prix du pétrole et du gaz.
L’inflation qui en découle accroît nécessairement la pression sur les banques centrales, qui seront amenées à poursuivre (pour la BCE) ou à enclencher (pour la Fed) un resserrement de leur politique monétaire, avec des conséquences négatives sur l’activité économique, suffisamment solide aux États-Unis pour l’absorber, mais beaucoup moins en Europe, ainsi que sur la valorisation des secteurs de croissance.
Il convient donc de maintenir nos convictions afin de tirer parti, à moyen terme, du potentiel de nos choix de valeurs.